Atelier Bilan Paysan à Kara : un cadre de veille citoyenne et de préparation de la campagne agricole 2025-2026
- PADES ONG DE Développement
- 9 sept. 2025
- 3 min de lecture
Le 3 septembre 2025, le Palais des Congrès de Kara a accueilli l’atelier de présentation du Rapport Paysan, organisé par la Coordination Togolaise des Organisations Paysannes et de Producteurs Agricoles (CTOP), via sa coordination régionale (CROPPA-Kara). Cet événement a constitué une étape clé pour dresser le bilan mi-parcours de la campagne agricole 2025-2026 et préparer son bon déroulement dans la zone agropole pilote de la Kara.
Une mobilisation des acteurs agricoles et institutionnels
La rencontre a réuni les responsables de la CROPPA-Kara, les autorités administratives et locales, les services techniques, ainsi que de nombreux producteurs venus des 21 communes de la région. Les interventions officielles ont été marquées par les mots de bienvenue du Président de la CROPPA-K, un message de M. Dadja Badalake, Directeur régional de l’Agriculture, de l’Hydraulique Villageoise et du Développement Rural (DRAHVDR) et un discours d’ouverture du Colonel Bonfo Faré Jean du Préfet de la Kozah.

Exposé du Rapport Paysan 2025 : constats et analyses
Le rapport, fondé sur une enquête menée auprès de 431 producteurs (dont 21 % de femmes et 40 % de jeunes), a permis de dresser un tableau précis des réalités agricoles locales :
Méthodologie : collecte de données dans 21 communes, extraction et analyse, puis concertation régionale.
Période de soudure : jugée difficile par 51 % des producteurs enquêtés, avec un impact particulièrement marqué sur les femmes (67 %) et les jeunes (95 %).
Satisfaction des besoins alimentaires : 54 % des producteurs, 82 % des femmes
et 61 % des jeunes déclarent ne pas pouvoir couvrir leurs besoins de base en maïs, riz et autres vivriers.
Difficultés majeures : insuffisance de moyens financiers, accès difficile aux intrants, rareté et coût élevé de la main-d’œuvre, indisponibilité de tracteurs, mauvais état des pistes d’accès aux ZAAP, dégradation des sols, accès limité aux terres.
Mesures individuelles : recours au crédit (IMF et coopératives), semis précoces, entraide, usage combiné de fertilisants organiques et chimiques, vente de stocks alimentaires pour financer la saison.
Mesures coopératives : achats groupés, demandes de crédits, recherche de marchés formels, entraide, meilleure planification, recherche de prestataires pour augmenter les superficies.
Principaux constats et recommandations
Les producteurs ont exprimé de fortes inquiétudes face aux aléas climatiques, aux attaques de chenilles légionnaires, aux conflits éleveurs-agriculteurs et au manque de services agricoles. De ce fait, plusieurs recommandations ont été formulées :
À l’endroit de l’État et de l’APRODAT : subventionner davantage les intrants, octroyer à temps les crédits agricoles, aménager des forages, appuyer en équipements de transformation et matériel agricole, fournir des produits phytosanitaires, équiper chaque ZAAP d’un tracteur, renforcer les capacités techniques des producteurs, faciliter l’accès aux terres.
Au niveau de la CTOP : revoir le dispositif de collecte de données (renforcement des points focaux), utiliser la base des coopératives, rechercher des débouchés (notamment par la création d’une banque agricole), ajuster la période de collecte des données, renforcer la formation technique pour la gestion durable des terres et la restauration des sols.
Une veille citoyenne et un plaidoyer renforcé
L’atelier a été aussi un moment de veille citoyenne, permettant d’impliquer activement les producteurs dans la définition des priorités et dans le plaidoyer auprès des décideurs. La diversité des interventions a montré l’importance de consolider la représentativité des producteurs dans les instances faitières de la CTOP, et de trouver des stratégies adaptées pour contourner les blocages institutionnels en vue d’assurer les débouchés et l’écoulement des céréales.
Perspectives
La rencontre s’est achevée avec l’adoption d’une feuille de route claire pour améliorer les pratiques agricoles et accompagner la réussite de la campagne 2025-2026.
PADES, engagé dans la transition agroécologique et le renforcement des capacités des producteurs, continuera à soutenir ce type d’initiatives qui donnent la parole aux paysans et participent à la construction d’un développement agricole inclusif et durable au Togo.
Auteurs : Dr Kadanga Rita/ Tagba Malabèwé /Tagba Léléng
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